Comment être une marque de mode éco responsable ? les 4 engagements de Wolbe

Passionnés de sports, nous prenons un plaisir infini à nous dépasser sur les terrains de jeu que nous offrent la planète. En montagne, forêts, océans ou en eaux vives. Mais nous constatons comme vous que ces écosystèmes se détériorent rapidement. Alors, quand nous avons créée Wolbe, il a été fondamental d’imaginer un nouveau standard : une marque qui offre plus de liberté et de pouvoir à votre vestiaire mais sans compromis pour la planète. C’est notre façon de nous engager activement pour la protection de l’environnement.

Comment y parvenir dans le monde de la mode ? Quels sont nos partis pris ? Sur un sujet complexe, où il n’existe pas de voie toute tracée, nous vous expliquons les choix que nous avons faits pour garantir que nos vêtements sont les plus respectueux possible de la planète.

Être eco responsable, c’est quoi ?

C’est s’engager à préserver les ressources NON renouvelables de la planète, et limiter les pollutions qui accélèrent le réchauffement climatique, la dégradation des sols et des océans. Deux choses seulement… mais deux vrais défis pour l’industrie telle qu’elle que nous l’avons décrite dans l’épisode 1 ! Heureusement, des experts de la fondation Ellen Mac Arthur (navigatrice anglaise mondialement connue) ont construit une feuille de route qui balise clairement les options à suivre dans le textile habillement :

  • choisir des matériaux qui ne génèrent pas de micro-plastiques (aucun dérivé du pétrole)
  • augmenter la durée de vie du vêtement et faciliter un usage éco responsable
  • envisager le recyclage ou biodégradabilité du vêtement dès sa création
  • utiliser autant que possible les énergies renouvelables

nous vous recommandons un film très ludique de 4 minutes sur le modèle d’économie circulaire qu’il serait idéal de mettre en place demain (fondation Ellen mac Arthur)

Notre engagement n°1 : moins mais mieux

Nous avons un besoin viscéral de donner plusieurs fonctions à nos vêtements ! Pour nous, un trench coat ou une chemise ne doivent pas être simplement parfaitement coupés. Ils doivent vous permettre de VIVRE les différentes vies de votre journée. Être élégant en clientèle ou en visio-conférence ET (si vous voulez) marcher sous la pluie sans être mouillé ET (si vous voulez) faire du vélo facilement sans transpirer ET (si vous voulez) sortir en afterwork avec des amis sans se changer. Des vêtements qui vous suivent, c’est favoriser un style de vie actif, et privilégier votre santé. Passionnés par cet objectif, nous jouons avec les matières, les coupes, les technologies (notamment du sport outdoor) pour augmenter les fonctionnalités. La chemise est dessinée pour ne pas sortir de votre pantalon, le blouson a des zips sous les bras pour augmenter la ventilation, le pantalon a un gousset pour renforcer l’entrejambe lors des déplacements à vélo, le trench coat a des manches en raglans pour faciliter le mouvement des épaules et des bandes réfléchissantes sous les poignets pour être vu la nuit.

En termes de style, les coupes sont minimalistes et modernes. Il n’y a qu’une collection intemporelle. La simplicité est indémodable. Moins de pièces, mais plus exigeantes, plus réfléchies, parfaitement conçues, c’est toujours moins de tissus utilisés et moins de ressources abîmées.

MOINS MAIS MIEUX. Voilà notre étoile polaire éco responsable !

Cette philosophie de la polyvalence, qui a fait naître la marque, nous pousse évidemment à être aussi très exigeant sur la fabrication des vêtements en elle-même. Choix des matières, des partenaires, des lieux de production. On vous explique nos partis pris !

Notre engagement n°2 : des matières naturelles responsables ou recyclées

Nous travaillons 100% des premières et deuxièmes couches de notre vestiaire avec des matières naturelles. Et pas n’importe lesquelles. La laine et le Tencel® car elles doivent combiner ET performance technique ET empreinte limitée sur les ressources naturelles

La laine, et notamment la laine merino superfine, est donc notre matière préférée. Elle est la base de nos chemises, pantalons, polos et même trench coat. Il faut dire que c’est un vrai trésor de la nature en termes de performance : respirante, anti-odeur, peu froissable, renouvelable (les moutons sont tondus une fois par an) ! Très isolante, elle s’utilise l’hiver contre le froid et l’été contre le chaud. Nous sélectionnons la laine « mulesing free » de Nouvelle Zélande. Et avons sélectionné un tisseur italien qui élève lui-même ses moutons, qui peigne sa laine en Italie (alors que 80% de la laine peignée est produite en Chine théoriquement) et qui en assure donc une traçabilité parfaite !

Pour faciliter le recyclage en fin de vie, nous confectionnons 95% de nos vêtements en mono matériau. Nos chemises de couleur et nos pantalons sont 100% en laine. Pas un gramme d’élasthane ou de polyester qui complexifierait le tri.

Le Tencel® (ou Lyocell) est notre deuxième matière de prédilection. Nous l’utilisons dans nos chemises et nos polos. Issue de la pulpe de bois de forêts responsables, sa production est très propre (solvants doux et eaux de production complètement réutilisées). Sa respirabilité, sa douceur et son côté anti bactérien nous ont convaincu.

Le coton est complètement banni chez Wolbe parce qu’il est très gourmand en eau, en pesticides, et qu’il ne sèche pas assez vite.

Pour nos troisièmes couches, qui vous protègent efficacement du vent, de la pluie et du froid, aucune offre n’existe encore aujourd’hui sans tissu issus de la pétrochimie. Et pourtant nous avons arpenté les salons… !

Nous faisons donc confiance à Sympatex®, un partenaire allemand très engagé en termes de recherche. Ils ont développé l’équivalent du Goretex®, en plus responsable. Fabriqué en polyester recyclé, il est très performant. L’imperméabilité de notre blouson blazer est équivalente à celle d’une veste de randonnée de haute montagne (pour que vous le gardiez très longtemps) : il résistera à une averse avec une pression d’eau de 20 mètres / cm2 ! Et comme il se lave beaucoup moins qu’un tee-shirt de sport, peu de dégagement de micro-plastiques.

D’ailleurs, pour faciliter son recyclage, notre blouson est construit en mono matérieau : il est 100% polyester (recyclé).

Pour notre trench-coat, nous avons choisi un complexage italien exceptionnel avec 88% de matières naturelles (laine et viscose), avec néanmoins une membrane imperméable en polyamide.

Nos tissus sont italiens, français ou allemands. Et nos tisseurs sont proches des lieux de confection.

Ils bénéficient tous du label Oekotex 100, qui garantit le respect des seuils règlementaires de substances polluantes, cancérigènes et allergènes. La laine est garantie de très haute qualité et respectueuse du bien-être animal grâce aux labels ZQ merino et Sustainawool. Notre tisseur français de chemise respecte le code de conduite Altertex, qui garantit de très hautes ambitions en matières d’environnement tout au long du process de production.

Nous refusons enfin tous les traitements dits « de finition » : anti odeurs, anti tâches, facilitant le repassage. Même si cela peut être pertinent. D’abord parce qu’ils sont chimiques et peuvent provoquer des allergies. Ensuite parce qu’ils disparaissent finalement au bout de quelques lavages. Il en va de même pour les traitements déperlants à base de polymères fluorés : nos tissus imperméables sont sans PTFE et sans PFC.

Notre engagement n°3 : confectionner des vêtements qui durent

Nos pièces d’extérieur sont 100% thermo-collées, donc sans couture. C’est la combinaison idéale entre robustesse, longévité et légèreté. Cette innovation dans un vestiaire de ville garantit aussi l’imperméabilité complète de nos troisièmes couches. A quoi sert en effet d’avoir un tissu trois couches si l’eau pénètre dans les coutures ou les zips ? Notre petit atelier italien de la région de Venise est extraordinaire dans ce domaine…

Nous cherchons toujours à faciliter l’usage de nos vêtements. Ils sont testés, lavés et essayés plusieurs fois. Parce que nous savons comment vous allez les utiliser. Notre blouson blazer peut par exemple se rouler au fond d’un sac sans problème. Il ressortira toujours impeccable !

En terme d’entretien nous visons la practicité. La Laine mérino, sans odeur, permet 2 fois moins de lavages. Une chemise peut être portée trois jours sans problème ! Nos pantalons et polos se lavent en machine à 30 ° C.

Notre engagement n°4 : made in Europe exclusivement

Pour limiter notre empreinte carbone liée aux transports, nous produisons exclusivement sur le continent européen, avec des tissus filés en France, Italie ou Allemagne. Notre tisseur italien est à 20 km de notre confectionneur de blousons et de trench coat par exemple…

Mais nous pouvons encore faire mieux. Et nous nous attachons à réduire encore les distances dans ce domaine.

Nous sommes très fiers des engagements que nous tenons aujourd’hui. Ils contribuent d’ailleurs énormément à notre motivation quotidienne ! Mais s’investir dans une démarche durable, c’est aussi être lucide sur les améliorations encore possible… Et nous savons que d’autres chantiers s’ouvriront dans les mois qui viennent.

Sur un alignement encore meilleur de nos lieux de tissage et de confection pour optimiser les transports amont et aval. Sur des tests à mener concernant des services de réparation, de reprise de modèles d’occasion ou même de location ? Nous avons plein d’idées…

Nous nous engageons avec vous sur un chemin passionnant. N’hésitez pas à nous écrire et partager vos idées ! Nous allons continuer à multiplier les rencontres, échanger les bonnes pratiques et rester en veille active…

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Comment être une marque de mode éco responsable ? l’état des lieux

Passionnés de sports, nous prenons un plaisir infini à nous dépasser sur les terrains de jeu que nous offrent la planète. En montagne, forêts, océans ou en eaux vives. Mais nous constatons comme vous que ces écosystèmes se détériorent rapidement. Alors, quand nous avons créée Wolbe, il a été fondamental d’imaginer un nouveau standard : une marque qui offre plus de liberté et de pouvoir à votre vestiaire mais sans compromis pour la planète. C’est notre façon de nous engager activement pour la protection de l’environnement.

Comment y parvenir dans le monde de la mode ? Quelles sont les grandes questions et les enjeux prioritaires ? Pour adapter notre stratégie de sourcing et de fabrication, nous avons commencé par un état des lieux pour bien comprendre les dysfonctionnements du secteur. C’est ce que nous partageons avec vous ici.  

Le textile-habillement impacte lourdement la planète

  • 98 millions de tonnes de ressources NON renouvelables sont consommées chaque année. C’est du pétrole, nécessaire à la fabrication du polyester, polyamide (nylon et élasthane). Mais aussi des engrais et des éléments chimiques utilisés pour créer, teindre et ennoblir les tissus
  • 1,2 milliards de tonnes de CO2 sont dégagés, soit plus que le trafic maritime et aérien réunis
  • 500 000 tonnes de micro plastiques sont relâchées dans les océans (l’équivalent de 50 milliards de bouteilles en plastique)

Et ces données vont encore se dégrader en 2050 si on ne modifie pas les tendances actuelles…

Le tableau est sombre. Mais toutes les industries de biens de consommation polluent, dégradent les ressources naturelles et génèrent des déchets importants.

 

 

Comment en sommes-nous arrivés là ? 4 facteurs différents expliquent ces chiffres

1. c'est d'abord le reflet de la "géographie" mondiale

7,7 milliards de personnes portent des vêtements ! Pour se protéger, se sentir bien ou exprimer leur personnalité. En quinze ans, la population mondiale a crue de 25%, et son niveau de vie s’est sensiblement amélioré. Elle a plus de moyens pour consommer, et ne s’en prive pas.


L’emplacement des ressources naturelles, des lieux de production (main d’œuvre pas chère) et des bassins de consommation ne sont pas alignés. Il faut donc incessamment faire voyager la matière première, le fil ou les billes de polymère, le tissu brut, le tissu teint, le vêtement semi fini et le vêtement fini à travers le monde ! Imaginez les millions de tonnes de CO2 dépensés uniquement dans ces transports de transit…


Si on prend l’exemple d’un jean, voici les étapes probables qu’il va suivre. Le coton est cultivé au Pakistan, Corée ou Afrique de l’ouest. Puis il est expédié en italie pour être tissé en grandes toiles de denim. Les toiles seront envoyées en Asie pour être découpées et assemblées par une main d’œuvre bon marché (un(e) ouvrier(e) gagne 50$ par mois au Bangladesh ou 77$ au Pakistan). Les jeans semi-finis seront « sablés » en Turquie, champion international du jean délavé. Enfin, les finitions (fermeture éclair, rivets…) pourront être faites en Europe. 

transits non eco responsables

2. c'est ensuite lié à des procédés de fabrication (tissus + vêtements) loin d’être propres

70% de la production mondiale de textile est dérivée du pétrole (polyester, polyamide -nylon, élasthane-) !! Et la tendance s’accentue de façon inexorable depuis 1995 (voir courbe en dessous). Très facile à fabriquer (cf la vidéo sur le nylon you tube), la  matière est peu chère, plus résistante que le coton ou la laine, et a des propriétés techniques intéressantes (hydrophobie notamment).

 

Le gros hic, -au-delà d’une fabrication polluante- c’est que le pétrole est une ressource naturelle NON renouvelable, dont l’accès sera de plus en plus compliqué et cher. Comment extraire demain les 70 millions de barils de pétrole nécessaires à produire le polyester fabriqué chaque année ?

Les fibres naturelles peuvent aussi être préoccupantes ! Le coton mobilise par exemple à lui seul 20% des insecticides utilisés au niveau mondial.


Le textile habillement est le 3ème secteur consommateur d’eau après la culture du blé ou du riz (4% de l’eau potable disponible). La mer d’Aral a par exemple disparue à cause de l’irrigation du coton (youtube). Et il faut 10000 litres d’eau pour confectionner un seul jean (285 douches).


Enfin, pour transformer, teindre, ennoblir les tissus et les vêtements, l’industrie textile mobilise à elle seule 25% des produits chimiques utilisés dans le monde ! Des millions de litres de solvants, soude, teintures

3. ce sont surtout nos usages qui alimentent ce « changement pour le pire ». 

100 milliards de vêtements sont produits chaque année. Ça représente un doublement en quinze ans, alors que la population a crue de +25% !


Nous en achetons 13 kg en moyenne par habitant par an au niveau mondial. Mais c’est 36 kg aux USA, 23 kg en Europe (seulement 9,6 kg en France), 15 kg en Chine.


Le nombre de fois où on porte un vêtement avant de le jeter a dégringolé : 135 fois aujourd’hui contre 200 fois il y a 20 ans. Sous l’effet couplé de la fast fashion (qui propose jusqu’à 24 collections par an à des prix de plus en plus bas) et du développement de la classe moyenne mondiale, on porte moins longtemps les vêtements qu’on achète. Et c’est seulement 50 fois aux États Unis et 100 fois en Europe. Ce chiffre va donc encore baisser.


60% des vêtements sont jetés après seulement un an !

achats non eco responsables

4. enfin, le recyclage est quasiment inexistant en bout de chaine

90% des vêtements achetés finissent brulés ou à la décharge. Soit l’équivalent d’un camion poubelle toutes les secondes !


La France est un « bon élève » au niveau mondial mais c’est quand même insuffisant. 38% des vêtements usagés sont collectés (grâce aux 50 000 bornes de collecte). Et 99,6% d’entre eux sont soit redonnés en état (2ndemain), soit recyclés en chiffons et effilochage.


Seulement 1% des matériaux utilisés pour la fabrication du textile sont recyclés pour être réutilisés en confection.


Essentiellement parce que nos vêtements ne sont pas faits d’un seul matériau ! Pour augmenter leur durabilité ou leur confort, le coton est mélangé avec de l’élasthane, la laine avec du nylon, le coton avec du polyester. Impossible de séparer ces matières à la main ou mécaniquement en fin de vie… Et aujourd’hui, aucun process « chimique » n’est encore développé à l’échelle industrielle pour y arriver. Mais de nombreux investissements et projets se concentrent aujourd’hui sur cette étape fondamentale ! Et demain, nous pourrons peut être produire une chemise avec que du coton ou de la laine récupérée d’anciens vêtements.


Mais aussi parce que recycler une matière pour la réutiliser en confection dégrade souvent la qualité de celle-ci. On supprime les fibres longues qui font la texture et la douceur d’un fil.

sans recyclage pas de mode eco responsable
Pour bien comprendre (visuellement) les engrenages de ce secteur, on vous recommande trois documents très pédagogiques. Une publication de l’ADEME (agence nationale de la transition écologique) : “la mode sans dessus dessous”. Une vidéo du magazine Le Monde (13 décembre 2018, 8 minutes 05 s) qui explique “pourquoi s’habiller pollue“. Une infographie très claire (ici) de l’organisme Eco TLC (bras armé de l’ADEME en matière de recyclage textile)

L’industrie textile a récemment pris conscience de ses contradictions, et plus qu’une autre, a commencé à organiser sa mutation.

 

De nouvelles matières biosourcées apparaissent à base de maïs, ananas, chanvre. Des traitements expérimentaux de séparation des composants d’un même vêtement sont des succès

 

Si chacun achète moins, mais mieux, si chacun rapporte ses vêtements à un centre de tri ou répare son pantalon avant de le jeter, la tendance s’inversera.

 

C’est l’objectif que nous poursuivons chez Wolbe. Etre aussi éco responsable qu’il nous est possible de l’être. Sans baisser notre niveau d’exigence sur l’élégance ou la performance de notre vestiaire. Nous vous disons comment dans l’épisode 2…

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