la fabuleuse histoire du car coat

Passionnés de vie en extérieur, nous voulions absolument avoir dans notre gamme une pièce technique qui nous protège de la pluie, du vent et même du froid. Mais soucieux de notre élégance, nous voulions aussi une pièce avec de la tenue et du caractère. 

C’est en replongeant dans les archives que nous avons trouvé la pièce qui nous a tout de suite emballée : le car coat. Elle a traversé le siècle en évoluant au gré des progrès technologiques et des moeurs sociales.

 

Quelle est sont histoire ? Comment l’avons-nous revisitée à notre tour ? C’est ce que nous vous racontons ici…

Né avec l'automobile en 1900

Le car coat est tout d’abord une pièce fonctionnelle. 

 

Alors que les voitures n’ont pas de toit ni de chauffage, les conducteurs et les passagers ont besoin d’être protégés. Ils doivent aussi pouvoir se mouvoir facilement pour réparer ces machines qui tombent souvent en panne…

 

Sans surprise, la première version du car coat est donc longue, ample et chaude. En cuir, tweed lourd ou en fourrure (ou doublée de fourrure), elle comporte des boutons jusqu’au cou. Elle est unisexe car la priorité est d’abord la fonction.

 

Il existe pour anecdote une version d’été, en lin ou laine (duster) pour uniquement protéger de la poussière.

une pièce statutaire

Le car coat devient très rapidement un attribut social convoité. Il signifie en effet que vous êtes l’heureux propriétaire d’un véhicule. Les conducteurs en jouent et le portent dans la vie quotidienne pour affirmer leur statut.

 

C’est le début de la deuxième vie du car coat !

il se transforme au fil du temps

Le car coat suit d’abord l’évolution du confort mécanique. La capote, le chauffage imposent un vêtement plus court et plus léger.

 

Mais il s’adapte aussi aux matières. Dans les années 1920 il est fait de tweed, de velours de laine et de Cheviot (laine de mouton de 30 microns de diamètre). Puis dans les années 1930, on fait même appel à du daim et de la soie.  

 

En termes de construction, il faut noter deux avancées majeures. L’apparition de la fermeture éclair qui va le rendre plus pratique. Mais aussi de la manche raglans (montage de la manche sans couture au niveau de l’épaule) qui va améliorer la liberté de mouvement.

il devient ensuite le Jeep coat

Comme pour le trench coat, son cousin, l’armée va s’emparer de sa transformation.  

 

Et c’est lors de la deuxième guerre mondiale, en débarquant au volant de jeep décapotées, que les troupes américaines vont populariser une nouvelle version du car coat.

 

Il est un peu plus long qu’une veste (pour ne pas gêner le confort de conduite), possède deux poches qui reposent sur les genoux quand on conduit, et bénéficie d’un col montant et d’une ceinture à la taille. 

puis se modernise encore

L’après guerre apporte la révolution des matières synthétiques. Dans les années 1960, le nylon va renforcer sa légèreté et son côté protecteur. Mais on utilisera aussi la polaire brossée, la doublure matelassée ou des traitements déperlants avec du daim lavable.

 

Même si certaines astuces demeurent (boutons couverts pour ne pas s’accrocher dans la ceinture de sécurité), en termes de style, le car coat s’affranchit de sa fonction initiale d’accessoire de conduite.

 

Il affirme son style actuel : longueur à mi-cuisse, deux poches verticales, col droit.

nous l'inscrivons dans le mouvement !

Nous avons évidemment conservé son ADN : longueur à mi-cuisse, col droit en alcantara, manches raglans, boutons couverts, poches extérieures diagonales zippées.

 

Mais aussi son niveau de performance ! Un tissu technique trois couches, en laine et viscose équipé d’une membrane coupe-vent le rend imperméable jusqu’à 10 mètres d’eau. Il est entièrement thermo-collé pour augmenter sa durée de vie et sa légèreté. Toutes les fermetures éclair sont imperméables.

 

Nous lui avons rajouté des zips sous les aisselles pour éviter la transpiration. Et des bandes réfléchissantes sous les poignets et dans le col.

L’histoire de cette pièce iconique n’est donc pas banale. Née d’une fonction nécessaire (protéger, réchauffer) elle a su évoluer au gré des progrès technologiques pour se ré-inventer constamment. Sans perdre son âme.

 

A l’heure où le style et la fonction reviennent au centre de nos préoccupations et de nos modes de vie, nous sommes fiers de notre car coat. Très polyvalent, il vous accompagnera partout, avec efficacité et caractère.

 

Si nous l’avons appelé Boundless, ce n’est pas un hasard…

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Portraits de notre communauté : Brice, banquier

Nous sommes allés à la rencontre de nos clients pour découvrir leurs convictions, leurs habitudes et comprendre encore mieux le lien qui les unis à WOLBE ! Pour illustrer la diversité de leurs profils, nous choisissons de partager ces échanges. Aujourd’hui c’est Brice, banquier, qui démarre la série ! 

Bonjour Brice, quel est votre métier ?

Je suis banquier, dans le groupe Crédit Mutuel Alliance Fédérale, sous l’enseigne CIC depuis plus de 13 ans. J’accompagne nos clients professionnels sur la ville de Courbevoie depuis 4 ans. La force de notre groupe est de placer le client au centre de la relation. Nous sommes toujours présents pour financer, assurer et accompagner nos entrepreneurs. Depuis 2 ans, je suis également « ambassadeur Start Up » pour le 92.

Quelle est votre définition d’un homme élégant ?

Un homme élégant, c’est un homme avec de la prestance et du charme. Le choix de la tenue a un rôle important voir primordial dans l’image que nous renvoyons. Nous reflétons ce que nous portons. Qui peut me dire que nous ne nous sentons pas plus élégant dans un beau costume bien taillé , que dans un short après une séance de sport ?

Le dress code est il important ?

Il est clé de savoir s’adapter aux situations ! Nous sommes dans un monde d’appartenance et d’identification, donc oui le dress code est « malheureusement » important.

Un vêtement peut transformer notre potentiel. Est ce l’élégance qui donne confiance ou le confort qui donne plus d’assurance ?

Pour moi, un vêtement ne transforme pas le potentiel, il le libère ! Porter des vêtements élégants dans lesquels nous nous sentons bien, permet selon moi d’oublier l’image que nous renvoyons et de nous concentrer sur notre savoir, nos idées, nos convictions et nos valeurs !

La technicité dans un vêtement c’est : pas de transpiration ? plus de liberté de mouvement ? complètement imperméable ?

J’utilise les transports en commun pour “commuter” tous les jours. Le confort pour moi, c’est clairement la liberté de mouvement et la garantie de respirabilité (anti transpirant). Et pour m’occuper de mes jumeaux de 5 ans, je vous assure que c’est aussi très utile !

Quel est l’enjeu écologique qui vous touche le plus ?

C’est un sujet que me touche particulièrement. Si je devais un choisir un, ce serait la pollution plastique ! Ca me rend dingue ! Nous pouvons tous faire facilement quelque chose pour réduire notre empreinte et limiter les dégâts. Ce sont des réflexes à prendre. Ils sont simples et ne modifient pas considérablement notre façon de vivre. Moins de bouteilles en plastique, terminé les couverts non recyclable pour le déjeuner du midi, utilisation de gobelet en carton, tri des déchets….En matière de mode, il faut éviter les matières artificielles comme le polyester et le nylon qui libèrent des micro-plastiques à chaque lavage. Ce sont des règles, parmi tant d’autres que je m’impose et que j’essaie de transmettre autour de moi. 

Pour finir, quel est le vêtement préféré de votre vestiaire ?

Evidemment ma chemise blanche WOLBE Serenity, très légère et respirante

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Comment être une marque de mode éco responsable ? les 4 engagements de Wolbe

Passionnés de sports, nous prenons un plaisir infini à nous dépasser sur les terrains de jeu que nous offrent la planète. En montagne, forêts, océans ou en eaux vives. Mais nous constatons comme vous que ces écosystèmes se détériorent rapidement. Alors, quand nous avons créée Wolbe, il a été fondamental d’imaginer un nouveau standard : une marque qui offre plus de liberté et de pouvoir à votre vestiaire mais sans compromis pour la planète. C’est notre façon de nous engager activement pour la protection de l’environnement.

Comment y parvenir dans le monde de la mode ? Quels sont nos partis pris ? Sur un sujet complexe, où il n’existe pas de voie toute tracée, nous vous expliquons les choix que nous avons faits pour garantir que nos vêtements sont les plus respectueux possible de la planète.

Être eco responsable, c’est quoi ?

C’est s’engager à préserver les ressources NON renouvelables de la planète, et limiter les pollutions qui accélèrent le réchauffement climatique, la dégradation des sols et des océans. Deux choses seulement… mais deux vrais défis pour l’industrie telle qu’elle que nous l’avons décrite dans l’épisode 1 ! Heureusement, des experts de la fondation Ellen Mac Arthur (navigatrice anglaise mondialement connue) ont construit une feuille de route qui balise clairement les options à suivre dans le textile habillement :

  • choisir des matériaux qui ne génèrent pas de micro-plastiques (aucun dérivé du pétrole)
  • augmenter la durée de vie du vêtement et faciliter un usage éco responsable
  • envisager le recyclage ou biodégradabilité du vêtement dès sa création
  • utiliser autant que possible les énergies renouvelables

nous vous recommandons un film très ludique de 4 minutes sur le modèle d’économie circulaire qu’il serait idéal de mettre en place demain (fondation Ellen mac Arthur)

Notre engagement n°1 : moins mais mieux

Nous avons un besoin viscéral de donner plusieurs fonctions à nos vêtements ! Pour nous, un trench coat ou une chemise ne doivent pas être simplement parfaitement coupés. Ils doivent vous permettre de VIVRE les différentes vies de votre journée. Être élégant en clientèle ou en visio-conférence ET (si vous voulez) marcher sous la pluie sans être mouillé ET (si vous voulez) faire du vélo facilement sans transpirer ET (si vous voulez) sortir en afterwork avec des amis sans se changer. Des vêtements qui vous suivent, c’est favoriser un style de vie actif, et privilégier votre santé. Passionnés par cet objectif, nous jouons avec les matières, les coupes, les technologies (notamment du sport outdoor) pour augmenter les fonctionnalités. La chemise est dessinée pour ne pas sortir de votre pantalon, le blouson a des zips sous les bras pour augmenter la ventilation, le pantalon a un gousset pour renforcer l’entrejambe lors des déplacements à vélo, le trench coat a des manches en raglans pour faciliter le mouvement des épaules et des bandes réfléchissantes sous les poignets pour être vu la nuit.

En termes de style, les coupes sont minimalistes et modernes. Il n’y a qu’une collection intemporelle. La simplicité est indémodable. Moins de pièces, mais plus exigeantes, plus réfléchies, parfaitement conçues, c’est toujours moins de tissus utilisés et moins de ressources abîmées.

MOINS MAIS MIEUX. Voilà notre étoile polaire éco responsable !

Cette philosophie de la polyvalence, qui a fait naître la marque, nous pousse évidemment à être aussi très exigeant sur la fabrication des vêtements en elle-même. Choix des matières, des partenaires, des lieux de production. On vous explique nos partis pris !

Notre engagement n°2 : des matières naturelles responsables ou recyclées

Nous travaillons 100% des premières et deuxièmes couches de notre vestiaire avec des matières naturelles. Et pas n’importe lesquelles. La laine et le Tencel® car elles doivent combiner ET performance technique ET empreinte limitée sur les ressources naturelles

La laine, et notamment la laine merino superfine, est donc notre matière préférée. Elle est la base de nos chemises, pantalons, polos et même trench coat. Il faut dire que c’est un vrai trésor de la nature en termes de performance : respirante, anti-odeur, peu froissable, renouvelable (les moutons sont tondus une fois par an) ! Très isolante, elle s’utilise l’hiver contre le froid et l’été contre le chaud. Nous sélectionnons la laine « mulesing free » de Nouvelle Zélande. Et avons sélectionné un tisseur italien qui élève lui-même ses moutons, qui peigne sa laine en Italie (alors que 80% de la laine peignée est produite en Chine théoriquement) et qui en assure donc une traçabilité parfaite !

Pour faciliter le recyclage en fin de vie, nous confectionnons 95% de nos vêtements en mono matériau. Nos chemises de couleur et nos pantalons sont 100% en laine. Pas un gramme d’élasthane ou de polyester qui complexifierait le tri.

Le Tencel® (ou Lyocell) est notre deuxième matière de prédilection. Nous l’utilisons dans nos chemises et nos polos. Issue de la pulpe de bois de forêts responsables, sa production est très propre (solvants doux et eaux de production complètement réutilisées). Sa respirabilité, sa douceur et son côté anti bactérien nous ont convaincu.

Le coton est complètement banni chez Wolbe parce qu’il est très gourmand en eau, en pesticides, et qu’il ne sèche pas assez vite.

Pour nos troisièmes couches, qui vous protègent efficacement du vent, de la pluie et du froid, aucune offre n’existe encore aujourd’hui sans tissu issus de la pétrochimie. Et pourtant nous avons arpenté les salons… !

Nous faisons donc confiance à Sympatex®, un partenaire allemand très engagé en termes de recherche. Ils ont développé l’équivalent du Goretex®, en plus responsable. Fabriqué en polyester recyclé, il est très performant. L’imperméabilité de notre blouson blazer est équivalente à celle d’une veste de randonnée de haute montagne (pour que vous le gardiez très longtemps) : il résistera à une averse avec une pression d’eau de 20 mètres / cm2 ! Et comme il se lave beaucoup moins qu’un tee-shirt de sport, peu de dégagement de micro-plastiques.

D’ailleurs, pour faciliter son recyclage, notre blouson est construit en mono matérieau : il est 100% polyester (recyclé).

Pour notre trench-coat, nous avons choisi un complexage italien exceptionnel avec 88% de matières naturelles (laine et viscose), avec néanmoins une membrane imperméable en polyamide.

Nos tissus sont italiens, français ou allemands. Et nos tisseurs sont proches des lieux de confection.

Ils bénéficient tous du label Oekotex 100, qui garantit le respect des seuils règlementaires de substances polluantes, cancérigènes et allergènes. La laine est garantie de très haute qualité et respectueuse du bien-être animal grâce aux labels ZQ merino et Sustainawool. Notre tisseur français de chemise respecte le code de conduite Altertex, qui garantit de très hautes ambitions en matières d’environnement tout au long du process de production.

Nous refusons enfin tous les traitements dits « de finition » : anti odeurs, anti tâches, facilitant le repassage. Même si cela peut être pertinent. D’abord parce qu’ils sont chimiques et peuvent provoquer des allergies. Ensuite parce qu’ils disparaissent finalement au bout de quelques lavages. Il en va de même pour les traitements déperlants à base de polymères fluorés : nos tissus imperméables sont sans PTFE et sans PFC.

Notre engagement n°3 : confectionner des vêtements qui durent

Nos pièces d’extérieur sont 100% thermo-collées, donc sans couture. C’est la combinaison idéale entre robustesse, longévité et légèreté. Cette innovation dans un vestiaire de ville garantit aussi l’imperméabilité complète de nos troisièmes couches. A quoi sert en effet d’avoir un tissu trois couches si l’eau pénètre dans les coutures ou les zips ? Notre petit atelier italien de la région de Venise est extraordinaire dans ce domaine…

Nous cherchons toujours à faciliter l’usage de nos vêtements. Ils sont testés, lavés et essayés plusieurs fois. Parce que nous savons comment vous allez les utiliser. Notre blouson blazer peut par exemple se rouler au fond d’un sac sans problème. Il ressortira toujours impeccable !

En terme d’entretien nous visons la practicité. La Laine mérino, sans odeur, permet 2 fois moins de lavages. Une chemise peut être portée trois jours sans problème ! Nos pantalons et polos se lavent en machine à 30 ° C.

Notre engagement n°4 : made in Europe exclusivement

Pour limiter notre empreinte carbone liée aux transports, nous produisons exclusivement sur le continent européen, avec des tissus filés en France, Italie ou Allemagne. Notre tisseur italien est à 20 km de notre confectionneur de blousons et de trench coat par exemple…

Mais nous pouvons encore faire mieux. Et nous nous attachons à réduire encore les distances dans ce domaine.

Nous sommes très fiers des engagements que nous tenons aujourd’hui. Ils contribuent d’ailleurs énormément à notre motivation quotidienne ! Mais s’investir dans une démarche durable, c’est aussi être lucide sur les améliorations encore possible… Et nous savons que d’autres chantiers s’ouvriront dans les mois qui viennent.

Sur un alignement encore meilleur de nos lieux de tissage et de confection pour optimiser les transports amont et aval. Sur des tests à mener concernant des services de réparation, de reprise de modèles d’occasion ou même de location ? Nous avons plein d’idées…

Nous nous engageons avec vous sur un chemin passionnant. N’hésitez pas à nous écrire et partager vos idées ! Nous allons continuer à multiplier les rencontres, échanger les bonnes pratiques et rester en veille active…

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Comment être une marque de mode éco responsable ? l’état des lieux

Passionnés de sports, nous prenons un plaisir infini à nous dépasser sur les terrains de jeu que nous offrent la planète. En montagne, forêts, océans ou en eaux vives. Mais nous constatons comme vous que ces écosystèmes se détériorent rapidement. Alors, quand nous avons créée Wolbe, il a été fondamental d’imaginer un nouveau standard : une marque qui offre plus de liberté et de pouvoir à votre vestiaire mais sans compromis pour la planète. C’est notre façon de nous engager activement pour la protection de l’environnement.

Comment y parvenir dans le monde de la mode ? Quelles sont les grandes questions et les enjeux prioritaires ? Pour adapter notre stratégie de sourcing et de fabrication, nous avons commencé par un état des lieux pour bien comprendre les dysfonctionnements du secteur. C’est ce que nous partageons avec vous ici.  

Le textile-habillement impacte lourdement la planète

  • 98 millions de tonnes de ressources NON renouvelables sont consommées chaque année. C’est du pétrole, nécessaire à la fabrication du polyester, polyamide (nylon et élasthane). Mais aussi des engrais et des éléments chimiques utilisés pour créer, teindre et ennoblir les tissus
  • 1,2 milliards de tonnes de CO2 sont dégagés, soit plus que le trafic maritime et aérien réunis
  • 500 000 tonnes de micro plastiques sont relâchées dans les océans (l’équivalent de 50 milliards de bouteilles en plastique)

Et ces données vont encore se dégrader en 2050 si on ne modifie pas les tendances actuelles…

Le tableau est sombre. Mais toutes les industries de biens de consommation polluent, dégradent les ressources naturelles et génèrent des déchets importants.

 

 

Comment en sommes-nous arrivés là ? 4 facteurs différents expliquent ces chiffres

1. c'est d'abord le reflet de la "géographie" mondiale

7,7 milliards de personnes portent des vêtements ! Pour se protéger, se sentir bien ou exprimer leur personnalité. En quinze ans, la population mondiale a crue de 25%, et son niveau de vie s’est sensiblement amélioré. Elle a plus de moyens pour consommer, et ne s’en prive pas.


L’emplacement des ressources naturelles, des lieux de production (main d’œuvre pas chère) et des bassins de consommation ne sont pas alignés. Il faut donc incessamment faire voyager la matière première, le fil ou les billes de polymère, le tissu brut, le tissu teint, le vêtement semi fini et le vêtement fini à travers le monde ! Imaginez les millions de tonnes de CO2 dépensés uniquement dans ces transports de transit…


Si on prend l’exemple d’un jean, voici les étapes probables qu’il va suivre. Le coton est cultivé au Pakistan, Corée ou Afrique de l’ouest. Puis il est expédié en italie pour être tissé en grandes toiles de denim. Les toiles seront envoyées en Asie pour être découpées et assemblées par une main d’œuvre bon marché (un(e) ouvrier(e) gagne 50$ par mois au Bangladesh ou 77$ au Pakistan). Les jeans semi-finis seront « sablés » en Turquie, champion international du jean délavé. Enfin, les finitions (fermeture éclair, rivets…) pourront être faites en Europe. 

transits non eco responsables

2. c'est ensuite lié à des procédés de fabrication (tissus + vêtements) loin d’être propres

70% de la production mondiale de textile est dérivée du pétrole (polyester, polyamide -nylon, élasthane-) !! Et la tendance s’accentue de façon inexorable depuis 1995 (voir courbe en dessous). Très facile à fabriquer (cf la vidéo sur le nylon you tube), la  matière est peu chère, plus résistante que le coton ou la laine, et a des propriétés techniques intéressantes (hydrophobie notamment).

 

Le gros hic, -au-delà d’une fabrication polluante- c’est que le pétrole est une ressource naturelle NON renouvelable, dont l’accès sera de plus en plus compliqué et cher. Comment extraire demain les 70 millions de barils de pétrole nécessaires à produire le polyester fabriqué chaque année ?

Les fibres naturelles peuvent aussi être préoccupantes ! Le coton mobilise par exemple à lui seul 20% des insecticides utilisés au niveau mondial.


Le textile habillement est le 3ème secteur consommateur d’eau après la culture du blé ou du riz (4% de l’eau potable disponible). La mer d’Aral a par exemple disparue à cause de l’irrigation du coton (youtube). Et il faut 10000 litres d’eau pour confectionner un seul jean (285 douches).


Enfin, pour transformer, teindre, ennoblir les tissus et les vêtements, l’industrie textile mobilise à elle seule 25% des produits chimiques utilisés dans le monde ! Des millions de litres de solvants, soude, teintures

3. ce sont surtout nos usages qui alimentent ce « changement pour le pire ». 

100 milliards de vêtements sont produits chaque année. Ça représente un doublement en quinze ans, alors que la population a crue de +25% !


Nous en achetons 13 kg en moyenne par habitant par an au niveau mondial. Mais c’est 36 kg aux USA, 23 kg en Europe (seulement 9,6 kg en France), 15 kg en Chine.


Le nombre de fois où on porte un vêtement avant de le jeter a dégringolé : 135 fois aujourd’hui contre 200 fois il y a 20 ans. Sous l’effet couplé de la fast fashion (qui propose jusqu’à 24 collections par an à des prix de plus en plus bas) et du développement de la classe moyenne mondiale, on porte moins longtemps les vêtements qu’on achète. Et c’est seulement 50 fois aux États Unis et 100 fois en Europe. Ce chiffre va donc encore baisser.


60% des vêtements sont jetés après seulement un an !

achats non eco responsables

4. enfin, le recyclage est quasiment inexistant en bout de chaine

90% des vêtements achetés finissent brulés ou à la décharge. Soit l’équivalent d’un camion poubelle toutes les secondes !


La France est un « bon élève » au niveau mondial mais c’est quand même insuffisant. 38% des vêtements usagés sont collectés (grâce aux 50 000 bornes de collecte). Et 99,6% d’entre eux sont soit redonnés en état (2ndemain), soit recyclés en chiffons et effilochage.


Seulement 1% des matériaux utilisés pour la fabrication du textile sont recyclés pour être réutilisés en confection.


Essentiellement parce que nos vêtements ne sont pas faits d’un seul matériau ! Pour augmenter leur durabilité ou leur confort, le coton est mélangé avec de l’élasthane, la laine avec du nylon, le coton avec du polyester. Impossible de séparer ces matières à la main ou mécaniquement en fin de vie… Et aujourd’hui, aucun process « chimique » n’est encore développé à l’échelle industrielle pour y arriver. Mais de nombreux investissements et projets se concentrent aujourd’hui sur cette étape fondamentale ! Et demain, nous pourrons peut être produire une chemise avec que du coton ou de la laine récupérée d’anciens vêtements.


Mais aussi parce que recycler une matière pour la réutiliser en confection dégrade souvent la qualité de celle-ci. On supprime les fibres longues qui font la texture et la douceur d’un fil.

sans recyclage pas de mode eco responsable
Pour bien comprendre (visuellement) les engrenages de ce secteur, on vous recommande trois documents très pédagogiques. Une publication de l’ADEME (agence nationale de la transition écologique) : “la mode sans dessus dessous”. Une vidéo du magazine Le Monde (13 décembre 2018, 8 minutes 05 s) qui explique “pourquoi s’habiller pollue“. Une infographie très claire (ici) de l’organisme Eco TLC (bras armé de l’ADEME en matière de recyclage textile)

L’industrie textile a récemment pris conscience de ses contradictions, et plus qu’une autre, a commencé à organiser sa mutation.

 

De nouvelles matières biosourcées apparaissent à base de maïs, ananas, chanvre. Des traitements expérimentaux de séparation des composants d’un même vêtement sont des succès

 

Si chacun achète moins, mais mieux, si chacun rapporte ses vêtements à un centre de tri ou répare son pantalon avant de le jeter, la tendance s’inversera.

 

C’est l’objectif que nous poursuivons chez Wolbe. Etre aussi éco responsable qu’il nous est possible de l’être. Sans baisser notre niveau d’exigence sur l’élégance ou la performance de notre vestiaire. Nous vous disons comment dans l’épisode 2…

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Comment s’habiller pour éviter de transpirer ? les meilleures matières

Autant le dire tout de suite, les fibres naturelles (laine, coton, lin, tencel) sont bien plus performantes que les fibres synthétiques (polyester, nylon) pour gérer la double équation « limiter la transpiration ET réduire les odeurs ».

Quelles sont les matières les plus favorables ?

Contrairement à nombre d’idées reçues la laine est la meilleure des solutions. Il suffit d’ailleurs de regarder une coupe microscopique des différentes fibres textiles pour s’en convaincre. A l’instar de nos cheveux, la laine est constituée de milliers d’écailles qui se superposent comme des tuiles. Ce qui n’est pas du tout le cas des autres (plutôt lisses).

  • Cette structure en écailles et le côté ondulé de la fibre, piège l’air dans de multiples petites poches, et freine sa circulation. C’est un parfait isolant. Elle garde au frais quand il fait chaud, et au chaud quand il fait frais. Cet effet thermorégulateur évitera de déclencher le mécanisme de transpiration.
  • La laine a aussi une très forte capacité d’absorption d’eau (jusqu’à 30% de son poids, tout en paraissant sèche). Elle est hydrophile. C’est 120 fois plus que le polyester ! Pas de sensation d’humidité contre la peau, donc.

Plus on choisira une laine fine, meilleure sera la sensation et la performance ! Pour information, la laine merino fait entre 11 et 24 microns, la laine shetland 40 microns et un cheveu 60 microns. C’est elle qu’il faudra privilégier.

Autre argument clé. En termes d’odeur, la laine démontre une performance inégalée. Elle absorbe l’humidité sans laisser proliférer les bactéries malodorantes. Sans doute grâce à la lanoline qu’elle contient. Elle retient 66% moins d’odeurs que le polyester et 28% de moins que le coton. Une étude réalisée par l’université de Gent en Novembre 2014 (https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4249026/), montre qu’elle performe mieux que chacun de ses concurrents en terme non absorption / évacuation des bactéries (analyse sur des T-shirts portés après une session de vélo et 28 heures de repos).

Voilà pourquoi vous pourrez lire ici et là qu’on peut porter un tee-shirt ou une chemise en laine mérinos pendant 1 semaine sans le laver. C’est effectivement possible !

Avantages : thermorégulation optimale, meilleure performance anti-odeurs.

Inconvénients : séchage moins rapide que le polyester.

Le coton, fibre végétale la plus répandue, est hydrophile. Il va donc complètement absorber l’humidité et la transpiration, et accentuer le travail de ventilation du corps. Mais son temps de séchage est beaucoup plus long que celui du polyester ou de la laine. Si vous gardez un tee-shirt en coton a l’air libre, en été, sans faire d’effort significatif, aucun problème, vous resterez au sec. Mais en cas d’accélération significative, la sensation sera vraiment désagréable. Idem pour une chemise en coton, en hiver, sous une veste ou un manteau…

En termes d’odeurs, la fibre de coton absorbe tout sans distinction. Mais garde les bactéries malodorantes prisonnières de ses fibres. Elles voyagent donc bien moins loin que dans les fibres synthétiques. Le tableau ci-dessous (issu de la même étude de l’université de Gent de novembre 2014) montre très clairement que les odeurs perçues dans un tee-shirt en polyester après un effort physique intense sont bien plus désagréables (0 = neutre , 10 = insupportable) que pour un tee-shirt en coton. Enfin, comme le coton est hydrophile, il absorbera parfaitement l’eau et les agents actifs du lavage. Toutes les bactéries malodorantes devraient donc être éliminées.

Avantages : absorption optimale, disparition des odeurs au lavage.

Inconvénients : séchage long (sensation de vêtement humide contre la peau).

Le lin, la fibre végétale la plus écologique, a des propriétés très proches, voir meilleures que celles du coton en termes de performance. Ses pectines hydrophiles liant les fibres entre elles lui permettent d’absorber jusqu’à 20% de leur poids en humidité, sans changer de sensation au toucher. L’effet thermorégulateur de ces mêmes pectines va nous conserver au frais en été. Pour les odeurs, les observations sont similaires au coton.

Avantages : absorption optimale, thermorégulation, disparition des odeurs au lavage.

Inconvénients : la fibre peut gratter et froisser (de gros progrès sont néanmoins faits aujourd’hui sur ces deux plans).

Le Tencel®, déjà abordé dans un article de ce blog, présente des très bonnes qualités de thermorégulation et de séchage. Il garde 13% d’humidité sans montrer de sensation désagréable. Il est plus performant que le coton dans ce domaine. En ce qui concerne la gestion des odeurs, il est juste en-dessous de la laine (qui garde une structure mécanique optimale) mais supérieur au coton.

La viscose, un dérivé de pulpe de bois comme le Tencel® (mais traité chimiquement de façon beaucoup moins éco-responsable) a par exemple été analysée -dans la même étude de l’université de Gent – comme sans bactérie malodorante. Ce sera donc un choix pertinent pour les doublures intérieures.

Vous l’aurez deviné à travers ces lignes, les performances des fibres synthétiques (polyester et polyamide -nylon, élasthane-) sont vraiment les plus mauvaises en ce qui concerne la transpiration. Un peu paradoxal quand on connait leur utilisation dans le sport, non ? En fait elles sont très mauvaises dans la gestion ds odeurs…

C’est très rationnel ! La structure moléculaire de ces fibres issues de la pétrochimie leur donne 3 propriétés opposées aux fibres naturelles :

  • Elles sont hydrophobes: elles ne supportent pas l’eau. Elles vont donc très rapidement repousser l’humidité sur une grande surface (vers l’extérieur ou à l’intérieur du corps). Ce qui va accélérer le séchage…si on est à l’air libre
  • Elles sont lipophiles: elles adorent les substances huileuses. Et les bactéries – malodorantes comprises- voyagent dans celles-ci. Les fibres synthétiques vont malheureusement garder précieusement ces huiles en évacuant l’eau. Petit à petit leur concentration va donc s’accroitre dans le tissu.
  • Enfin, elles sont un aimant puissant pour au moins une bactérie malodorante, le micrococcus. Qui n’aime pas l’environnement des fibres naturelles.

Que peut-on en déduire ? Que ces propriétés sont séduisantes pour accélérer l’évacuation (à l’air libre), mais désastreuses dans la gestion des odeurs ! Même lors d’un lavage, l’hydrophobie des fibres synthétiques va repousser l’eau et les agents nettoyants et emprisonner l’huile. L’odeur ne disparaitra donc pas et va même augmenter au fil du temps. Toute médaille a son revers…

Et si aujourd’hui des traitements biocides existent pour remédier au problème des odeurs, ils sont essentiellement chimiques (nanoparticules comme ions d’argent, zinc..). Ils se superposent au vêtement en fin de production (finishing). Mais soit ils disparaissent après quelques lavages, soit leur innocuité n’est pas encore prouvée (https://www.60millions-mag.com/2017/03/24/vetements-anti-odeur-chauffants-hydratants-que-cachent-ils-11039 ). Nous ferons un point spécifique sur les solutions proposées par les fabricants de vêtements techniques dans un autre article.

Avantages : évacuation maximale de l’humidité (à l’air libre), séchage rapide.

Inconvénients : des odeurs tenaces.

Quelles sont les bonnes associations en conclusion ?

Vous avez compris que la RESPIRABILITE de votre système de couches doit être le pivot de votre réflexion vestimentaire. Ce sera un choix de matières, mais aussi de coupes et de techniques.

En synthèse,

Les matières synthétiques sont à éviter si vous voulez proscrire les odeurs. Mais elles restent performantes sur l’évacuation de la transpiration !

Votre première couche devrait idéalement être en laine, tencel ou lin si vous avez prévu un minimum d’efforts ou de stress. Le coton est tout à fait envisageable sinon ou si vous ne portez pas de deuxième ou troisième couche.

Votre deuxième et troisième couches dépendront de votre exigence en terme de protection. Il faut néanmoins qu’elles soient respirantes. Rien ne sert d’acheter un trench coat complètement imperméable avec des zips sous les aisselles, si vous gardez une chemise en coton !

Vous avez maintenant toutes les cartes en main pour choisir au mieux vos vêtements (au moins au niveau de leur performance) ! A vous de sélectionnez vos marques et vos pièces…
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Comment s’habiller pour éviter de transpirer ? le layering

Nous avons vu que notre niveau de transpiration dépend de notre activité physique et de notre niveau de stress. L’erreur serait maintenant de croire que notre vie quotidienne professionnelle nous met à l’abri de ce phénomène mécanique. Attention, notre déplacement vers le bureau ou une réunion importante peuvent avoir le même impact qu’un exercice sportif !

Comment optimiser la thermorégulation grâce au « layering » ?

Nous devons impérativement chercher à limiter la hausse de notre température corporelle, et favoriser systématiquement l’évacuation de l’humidité à travers toutes nos couches. Aucune chance de rester au sec, si l’une des couches que nous avons sur nous garde l’humidité ! Ce sont donc les règles du vestiaire de sport qui s’imposent ! Nous vous expliquons ici la sacro-sainte stratégie des trois couches, incontournable dans le monde des sports outdoor pour préserver l’efficacité de l’athlète.

  • La première couche, est celle que nous avons en contact direct avec la peau. En ville, ce sera une chemise, un polo, ou même éventuellement un tee-shirt qu’on mettra sous un pull col roulé. C’est certainement la plus importante de notre solution, et souvent la plus négligée. En évacuant la sueur de la peau, elle évite la sensation de froid due à l’évaporation de celle-ci. Elle doit donc absorber la transpiration facilement et sécher rapidement. Quand on sait que le coton absorbe très bien mais ne sèche pas, et que 95% des chemises vendues pour homme sont en coton…il y a déjà une première incohérence !
  • La deuxième couche, sera en ville un pull, une surchemise ou une veste de costume. Son rôle sera de dissiper lentement la chaleur produite par le corps, pour maintenir une température constante. Et surtout de laisser passer la vapeur d’eau pour ne pas créer un effet hammam sous le vêtement.
  • La troisième couche nous protège des éléments extérieurs (froid, pluie, neige, vent). Alternativement une parka, un trench-coat, un manteau, un imperméable, une veste coupe-vent. C’est sans doute la plus chère et la plus technique. A vous de définir l’exigence qui vous convient ! L’éventail des protections -et donc des prix- est très large. Entre une veste déperlante (traitée chimiquement en fin de production pour faire glisser l’eau… garanti uniquement pendant un certain nombre de lavages) et une veste complètement imperméable (grâce à une membrane résistant à 30 000 mm d’eau et un thermocollage intégral), les prix peuvent être multipliés par 10. Mais encore une fois, il ne faut pas négliger l’aspect respirant de cette troisième épaisseur : respirabilité intrinsèque du tissu ou zips sous les aisselles…

Les aérations invisibles sous les aisselles sont un gros atout pour augmenter la ventilation !

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Comment s’habiller pour éviter de transpirer ? la transpiration

Êtes-vous déjà arrivé transpirant ou froissé au bureau, dans votre chemise ou votre manteau, après avoir marché seulement 15 minutes pour rejoindre le métro ? Évidemment !! Parce que notre transpiration est liée à notre activité et à notre niveau de stress, nous sommes autant concernés par ce problème en menant nos vies trépidantes en ville que quand nous faisons du sport. Le challenge, c’est de rester présentable ensuite devant nos clients ou notre équipe ! Comment s’habiller pour éviter de transpirer et rester élégant ? Quelles matières utiliser ? Nous traitons le sujet aujourd’hui pour vous éviter à l’avenir les chemises qui collent à la peau !

Pourquoi et comment transpirons-nous ?

La transpiration, c’est l’instrument choisi par le corps pour réguler sa température autour de 37 °C. Ainsi, suite à un effort physique, une exposition à la chaleur ou même une situation de stress (le corps anticipe alors l’augmentation de température liée au combat ou à la fuite !), un mécanisme naturel va se mettre en place.

Sur ordre de notre hypothalamus, nos 3 millions de glandes sudoripares intégrées dans le derme vont s’activer pour emprisonner la chaleur du corps dans de minuscules gouttelettes, et les évacuer par les pores de l’épiderme. Cette évaporation va refroidir le corps (si nos vêtements ne l’empêchent pas !) et ainsi faire baisser notre température.

Les glandes sudoripares, réparties sur tout le corps, sont plus concentrées au niveau de la plante des pieds, de la paume des mains, du front, des aisselles et du torse. C’est pour ça que nous transpirons davantage dans ces zones-là.

Elles sont de deux types. D’abord les glandes eccrines, les plus nombreuses. Elles évacuent en moyenne 0,8 litres de transpiration par jour, par les pores de la peau. Le liquide évacué est constitué à 99% d’eau et de sels minéraux. Les glandes apocrines sont, elles, situées sous les aisselles et autour du pubis. Elles sont rattachées à un poil et non un pore. Elles éliminent quelques millilitres par jour d’un liquide plus visqueux (il comprend du sébum), riche en protéines et même en phéromones.

La transpiration n’a pas d’odeur ! Mais les bactéries présentes sur notre peau (plus de 10 millions de staphylocoques ou corynébactéries rien que sous nous aisselles) se nourrissent des protéines du liquide des glandes apocrines…et produisent des déchets malodorants quand ils rentrent en décomposition ! Évidemment, les poils, les replis et les milieux peu aérés vont accentuer cet environnement défavorable.

Récemment, une équipe de chercheurs de l’université d’Oxford a même découvert que ces « déchets », très légers, donc très volatiles, voyagent. Ils sont transportés par nos vapeurs naturelles grâce à une protéine produite par notre propre transpiration (https://elifesciences.org/articles/34995).

En résumé, voilà un film pédagogique très bien fait par les hôpitaux de Genève.

Pour réduire l’impact de ce phénomène combiné (transpiration = odeurs) le choix de nos vêtements est donc capital. Il faudra d’abord sélectionner les bonnes superpositions de couche de vêtements, et ensuite choisir les bonnes matières pour permettre une THERMOREGULATION idéale.

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Pourquoi notre chemise est en Tencel® plutôt qu’en coton ?

Notre mission est de redonner de la liberté et du pouvoir aux hommes actifs, en préservant la planète. Aussi, pour combiner l’élégance et la technicité dans le respect de nos valeurs, nous faisons des choix stricts. Celui de produire en Europe; avec des partenaires et des matériaux responsables.

Nous vous expliquons aujourd’hui pourquoi nous avons choisi le Tencel® plutôt que le coton pour notre première chemise business.

Pour comprendre notre raisonnement, il faut d’abord poser quelques éléments de contexte. Pour produire les 100 milliards de vêtements vendus dans le monde chaque année (x2 en 10 ans !), l’industrie textile a fabriqué 111 millions de tonnes de fibres en 2018.

Les fibres synthétiques (polyester, nylon) dominent malheureusement largement cette production : 69% du total, avec 72 millions de tonnes. Et un taux de croissance vertigineux (cf graphique ci dessous).

Le coton est la fibre naturelle la plus produite au monde.

Avec 27 millions de tonnes, elle représente 84% des volumes de fibres naturelles produites, devant la laine et le lin. La Chine et l’Inde pèsent 50% de la production mondiale, juste devant les Etats-Unis.

Mais le coton est très exigeant concernant ses besoins climatiques ! Sa culture nécessite 120 jours de pluies abondantes pendant sa période de pousse, et une période de soleil, chaleur et sécheresse encore plus large pour la maturation des graines ! Cette exigence « contradictoire » en fait du coup une culture peu éco-responsable.

Et même s’il existe plusieurs variétés de coton différentes (supima, sea island, égyptien..) ou des aménagements sur le côté bio, les chiffres de sa culture au niveau mondial, sont impressionnants :

  • 2,5% des surfaces cultivées…mais 25% des insecticides et 10% des herbicides utilisés au niveau mondial –source OMS-.
  • 64% des volumes cultivés sont génétiquement modifiés.
  • Et, point absolument clé pour nous : il faut 10 000 litres d’eau en moyenne pour produire un kilo de tissu de coton (6 000 en Chine, 22 500 en Inde) –source Water Footprint network-.Le maïs nécessite à titre de comparaison 1220 litres/kilo et le blé 1000.

Une chemise en coton de 200 g nécessitera donc plus de 2000 litres d’eau et beaucoup de pesticides.

Comme le coton a également pour inconvénient d’absorber l’humidité sans sécher rapidement, et donc de « coller » à la peau, nous avons choisi d’investir d’autres pistes pour trouver la bonne première couche technique du vestiaire Wolbe. Et nous avons opté pour le Lyocell / Tencel®.

Qu’est-ce que le Lyocell / Tencel® ?

C’est une fibre artificielle -crée par l’homme- à base d’un composant naturel : la cellulose de pulpe de bois.

Le procédé technique (dit de « filage au solvant ») a été inventé en 1972 aux États-Unis par la société Enka, puis commercialisé sous le nom de Tencel® par la société britannique Courtaulds.

Rachetée par Lenzing, géant autrichien du textile, en 2004, Tencel® est donc une MARQUE de Lyocell. La plus connue au monde aujourd’hui. Celle que nous utilisons.

Comment fabrique-t-on le Tencel ® ?

Le Tencel® provient d’eucalyptus, bambous, chênes, bouleaux, pins ou hêtres. Généralement récoltés dans des fermes d’arbres gérées de façon responsable (autant de plantations que de découpes).

Le bois est écorcé et coupé en plusieurs petits morceaux. L’oxyde d’amine, un solvant non toxique récupéré à 99,7% et réutilisé au cours de la production, va ensuite dissoudre la cellulose dans des récipients chauffés et pressurisés. La solution est filtrée et pompée à travers des filières, pour donner des longs brins de fibres de Lyocell. Ceux-ci sont ensuite nettoyés, cardés, peignés et éventuellement teints avant d’être filés.

Le cycle de fabrication est court. Il faut 2 h ½ entre la coupe du bois et le filage. ll utilise moins d’eau et d’énergie que d’autres, et ne génère pas de sous-produit nocif.

Quelles sont les propriétés techniques du Tencel ® ?

Puisqu’on parle de vêtements, c’est quand même ce qui nous intéresse en premier !

  • L’avantage majeur pour notre gamme Wolbe, c’est que le Tencel® a une RESPIRABILITE NATURELLE. En effet, composé de multitudes de petites fibres hydrophiles, il absorbe l’humidité encore mieux que le coton et sèche beaucoup plus vite. Il limite donc l’apparition d’auréoles sous les bras et les sensations très désagréables de tissu qui colle à la peau après une petite accélération…
  • Ses propriétés antibactériennes sont reconnues. Sans transpiration, il n’existe pas de terrain réellement favorable au développement des bactéries.
  • Il offre une agréable sensation de fraicheur sur la peau en été.
  • Il est très doux, léger et confortable. Sa surface est lisse et soyeuse. Il est parfait pour les peaux sensibles. Mais sa tenue sera cependant trop fluide pour permettre d’envisager un tissu 100% Tencel® dans des vêtements formels pour hommes. Il faudra le mélanger (à de la laine, ou du polyester recyclé).
  • Enfin, le Tencel® est durable. Son élasticité et sa résistance aux plis en font un tissu qui s’entretient bien.

Est-ce que le Tencel® est éco-responsable ?

Clairement oui.

  • Il est évidemment biodégradable.
  • Il nécessite 10 fois moins d’eau que le coton au cours de sa fabrication (1000 litres/kilo). Les forêts ne sont généralement ni irriguées ni traitées.
  • Il produit 10 fois plus de matière que le coton, par hectare cultivé
  • Et le bois est utilisé à 100%, sans gaspillage : 40% serviront pour la pulpe, 10% à extraire des matériaux biosourcés (acide acétique, xylose…) et 50% sera recyclé en énergie

Voilà ! Ces arguments factuels nous ont convaincu d’utiliser le Tencel®.

C’est d’autant plus important qu’une chemise -comme un polo- est la première couche de notre système respirant. Elle doit absorber et évacuer l’humidité au plus vite, pour vous garder au sec et élégant. C’est la condition essentielle pour qu’au final, la ventilation prévue sous les aisselles dans notre trench coat ou notre veste blazer, puisse être efficace !

Mais nous verrons, dans un prochain article, que la laine merino est également une matière extraordinaire dans cette perspective !

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Steven Le Hyaric, l’ultra cycliste qui vit (de) ses rêves

Steven a 33 ans mais a déjà vécu plusieurs vies ! Il est aujourd’hui aventurier, explorateur, conférencier.

Cycliste Elite, il renonce à passer professionnel après un championnat de France décevant, lors duquel son manager « l’abandonne ». Il devient responsable de la communication de sportifs de haut niveau et accompagne notamment l’équipe de France de triathlon aux Jeux Olympiques de Rio en 2016. Mais au contact de ces champions quasi professionnels, il découvre le sport business dans lequel il ne se voit pas continuer. Sportif accompli (ultra cycliste, ultra trailer, ultra triathlète) il part méditer au Népal en 2017, et décide de s’engager dans des projets personnels qui sauront le combler. Il traverse l’Himalaya à vélo sur le sentier du Great Himalaya Trail en 60 jours (5000 km à plus de 4500 m en portant son vélo sur le dos dans les montées). Il relie Paris à Dakar à vélo (3000 km en 10 jours) pour alerter sur le réchauffement climatique en 2019. Aujourd’hui il travaille à son prochain défi, le projet 666 : traverser à vélo les 6 déserts les plus rudes de la planète (Arctique, Antarctique, Simpson, Gobie, Atacama, Namib), sur 6 continents, en 6 mois. Pour se préparer à sa traversée du pôle sud prévue à la fin de l’année, il était cette semaine sur le lac Baïkal gelé, avec Perrine Fages, pour tenter sa traversée.

Je l’ai rencontré le 3 Février à Paris pour partager avec vous son chemin. Je suis certain qu’il sera inspirant. Au-delà de ses performances physiques hors normes et de son engagement pour la planète, j’admire chez lui sa capacité à faire. A entreprendre. A concrétiser ses rêves. C’est un DO-ER.

YB - Bonjour Steven, j’aimerais d’abord comprendre d’où vient la flamme qui te donne cet élan…

SLH – Je suis habité par un truc qui est plus grand que moi. Je raconte toujours la même histoire. Sur mon enfance certainement, mon éducation. Je suis breton, j’ai été éduqué dans le 93 dans les quartiers populaires. Dans un monde où on te dit « on va essayer de s’en sortir », avant de savoir comment tu vas réussir. J’ai cette rage de vaincre, de réussir. Un papa dur, qui a assez bien réussi sa vie. Un mec qui s’engage qui a des valeurs qui a du cœur, et surtout l’énergie de faire. Au final, je crois que ma force vient de cette exemplarité, ce truc de ne rien lâcher. Tout me prépare aux défis que je me lance. Personne n’est jamais là où il est par hasard. J’essaie de faire ce que j’aime aujourd’hui avec les armes que j’ai. Ma bienveillance. Mon courage. Je pense sincèrement que ce sont mes plus importants talents.

Tu sais, je disais aussi à ma mère entre 5 et 8 ans, que je ne voulais pas devenir intelligent parce que quand tu es intelligent, tu sais, et quand tu sais tu es triste ! Je peux te dire qu’elle me regardait bizarrement. Et je n’avais lu les livres que j’ai lu depuis… Mais j’ai toujours eu besoin de me confronter à ce que j’étais, à ma propre réalité. A mes forces, mes faiblesses.

YB - Il y a aussi eu des étapes clés qui t’ont construit, ou qui ont corrigé ta trajectoire. Et la recherche de sens qui a toujours été une boussole pour ton parcours.

SLH – Oui, je n’avais qu’un seul rêve dans ma vie. Un seul vrai rêve qui comptait : être cycliste professionnel. Quand j’arrête ça… Imagine ! On dit que quand tu es athlète de haut niveau, tu fais le deuil d’une carrière sportive entre 5 et 7 ans. Moi je viens seulement de finir cette phase de deuil. J’ai vécu l’enfer. Tu arrêtes tout, tu n’existes plus. Le vélo c’était dur. Tu t’entraines 6 à 7 heures par jour, et tu perds tout le temps.. Combien de courses tu gagnes dans ta vie en fait ? mon manager arrivait à la fin de la course en disant : « les gars je crois que vous ne vous remettez jamais en question » ; alors que moi, pendant la course je n’arrêtais pas !! est-ce que lui s’était remis en question en fumant une clope le bras à la fenêtre ? Mais j’ai encore des potes dans le peloton pro. Ils ne se posent pas de question. Ils enchainent sans se poser de question. C’est juste quand tu commences à comprendre les choses que tu en as conscience finalement. Comme quelqu’un qui a conscience que manger tel aliment est mauvais, et bien il arrête d’en manger. Quelque chose que tu ne vois pas, n’existe pas. Ca a été ma première vraie claque.

Puis j’ai compris que quand tu es athlète de haut niveau, artiste, chanteur, comédien, humoriste, tu aimes faire rire les gens mais tu as besoin d’amour. Tu as un énorme besoin d’amour, d’affection. Tu as besoin d’exister dix fois plus que les autres… et donc tu oses. Mon talent ça a été d’oser. Mon énergie elle vient de tout ça. J’ai aussi pris conscience que nous vivions dans un monde avec des ressources limitées, dans un monde qui est peut-être un monde fini. Alors du coup, j’ai envie de vivre plein de trucs. J’ai envie de vivre au maximum. J’ai envie de transmettre aux gens. De tout vivre. Et tout vivre ce n’est pas tout acheter ! On confond avoir et être. Moi ça ne m’intéresse pas d’acheter, de détenir des trucs. Je n’ai pas de maison, je m’en fous. Je squatte chez des amis. Je n’ai même pas forcément beaucoup d’amis parce que je suis très sensible. Je m’attache beaucoup trop aux gens que j’aime, donc je suis vite déçu, et du coup je me protège de ça. Il y a un mec qui m’a posé cette question une fois dans une conférence : « est-ce que vous avez pensé à épargner ? ». Alors d’une, je n’ai aucun argent, voir moins que rien. Et de deux, j’épargne du bonheur j’épargne des moments j’épargne des souvenirs mais le reste je ne sais pas faire.

YB - Tu dégages une énergie folle..

SLH – Je ne sais pas si j’ai une énergie folle. Mon énergie vitale est limitée. Par contre j’utilise toute mon énergie vitale dans une seule direction. En ce moment, je me remets en danger. En salle de sport je reprends mes bases physiologiques de préparation. Je fais du yoga, des squats. Je me remets en question sur des trucs qui étaient soi-disant des acquis. C’est tous les jours qu’il faut se remettre en question. Alors je me prépare. Et je ne dis pas que c’est toujours facile.

Je suis allé rouler, encore 5 h ½ avant-hier. Je te promets, au bout de 10 minutes j’avais envie de faire demi-tour. Je n’avais pas envie. Ça n’avait pas de sens. Le seul sens que j’avais c’était d’aller boire le petit café que j’ai bu au bout de 50 km. C’est tout. Mais je l’ai fait pour ça. J’ai bu ce café, je suis reparti et miraculeusement ça a commencé à s’ouvrir ! C’est toujours la même chose, il faut avoir le courage d’aller voir ce qu’il y a derrière la montagne. Tu vois, savoir accepter ces petites souffrances, ces petites douleurs, ces petites prises de tête, pour dire en fait c’est cool… Au final j’ai vécu un truc.

Quand tu commences à prendre conscience qu’on a tous une responsabilité sur terre, une mission et que SURTOUT tu es capable de le faire, évidemment quand tu as le caractère que j’ai, ça te donne de la confiance, du pouvoir. Ça te donne envie de te réaliser. C’est un cercle vertueux.

YB - C’est aussi ce que j’ai vécu dans ma vie professionnelle. Je me suis lancé parce que j’avais perdu le sens. Quand tu vas bosser uniquement pour ne plus payer de loyer pour ton appartement à la retraite, tu te dis qu’il y a autre chose à faire ! Et finalement je retrouve beaucoup plus de forces dans cette situation, que dans celle que je connaissais avant !

SLH – Parce que c’est toi ! C’est une concentration sur toi. Tu reviens à toi-même. Qui tu es ? qu’est-ce que tu aimes ? qu’est-ce qui te fait avancer ? c’est une projection constante. Dès le plus jeune âge ont te met dans un tunnel : tunnel de la crèche, de la maternelle, de la primaire, le collège, le lycée, la prépa, l’école et là tu as un job. Mais à quel moment as-tu exprimé ta vraie personnalité ? Tout le monde veut faire la même chose. On veut tous ne rien faire et gagner beaucoup d’argent. Mais en fait, pour réussir quelque chose, il faut bosser à mort. Et quand ça n’a pas de sens… c’est difficile. Il faut donc trouver le sens qui saura te motiver au quotidien. Moi si je ne mettais pas de sens dans mon existence je serais presque mort. Mais on n’a jamais appris aux gens à avoir du sens.

Avec tout ce que je vois, ce que j’entends, ce que je ressens, je vois comment mutent les sociétés. Je me dis que je n’ai pas le droit de faire semblant de vivre une vie qui n’est pas la mienne. Du coup je fonce. Mon kiff c’est de faire les choses, de vivre des moments. C’est juste de capitaliser sur des souvenirs. J’ai revu mon manager il y a 3 jours et il me disait : « j’ai l’impression que tu vas dans tous les sens ». C’est vrai. Tout le monde a l’impression que je vais dans tous les sens. Mais en fait je sais exactement où je veux aller.. J’aurais adoré avoir un papa aventurier. J’aurais rêvé que quelqu’un me raconte des histoires. Moi je veux en raconter parce que j’ai l’impression que les gens adorent les écouter. Les gens ont envie de découvrir, de rêver. Et je trouve ça vraiment rassurant.

YB - La notion de partage est donc hyper importante pour toi ?

SLH – Oui elle est essentielle. Quand je traverse l’Himalaya c’est pour rencontrer des gens… Avant, pendant, après la course. Parce que je veux tout partager. J’aimerais avoir des caméras à la place des yeux. Évidemment je suis en capacité de retranscrire hyper bien les choses. Des fois même plus grosses que ce qu’elles sont. Je vis des choses tellement fortes que j’ai toujours envie de les partager. Je vois tellement de gens malheureux, tellement de gens dans leur canapé, tristes. Ce n’est pas possible. J’ai un pote qui est en siège roulant. Tétraplégique. Il est en Antarctique là. En Antarctique ! C’est le premier qui va rouler sur l’antarctique. Sérieux ! Quand tu vois ça, tu n’as pas le droit de te plaindre. D’ailleurs j’ai compris que ce n’était qu’une perte de temps. Il faut accepter la réalité telle qu’elle est, qui tu es. Et travailler à, partir de ça. D’ailleurs si je reviens au partage, ce sera la vraie difficulté avec mon prochain défi : si je ne rencontre personne c’est possible que je sois en grande difficulté. Parce que ça n’aurait aucun sens. Ça ne serait que du stakhanovisme exacerbé, de l’égocentrisme… Tu sais -c’est nul de dire ça- mais quand j’ai fait de l’iron-man j’avais l’impression que c’était ça. Parce que je n’étais pas en capacité de faire vivre l’événement de le partager avec des gens. C’était comme le vélo. Sauf que j’étais tout seul.

YB - Sylvain Tesson dit que le drame de l’homme c’est d’avoir le choix. Quand tu es dans l’aventure tu regrettes ton confort et quand tu es dans ton canapé tu regrettes le vent sur tes mollets… Comment fais tu tes choix ?

SLH – La base de tout c’est de faire un choix et de le mener jusqu’au bout. Mais le propre de l’homme c’est de vouloir ce qu’il n’a pas. Tesson le dit très bien. Par contre j’ai aussi la certitude qu’il y a des choses écrites, ou qu’il y a toujours quelque chose derrière la montagne. Tu vois je te rencontre à Chamonix. Je venais de repérer le parcours trail de l’evergreen 258, je vis quelque chose de super, et j’avais envie d’être là. Tu fais des choix et je te rencontre là. Les choses elles se goupillent comme ça dans la vie. On est interconnecté. Et j’aurais pu faire ce parcours plus vite et je ne t’aurais pas croisé. Tout est comme ça dans la vie. Quand je pars dans l’Himalaya. Il y a des gens qui me disent t’aurais pu faire plus vite, moins long. Chacun voit ce qu’il veut dans la vie par rapport à ces filtres. Moi je me dis que j’aurais pu faire mieux. Rencontrer plus de gens. Être plus facile. Ne pas m’être fait mal à mon dos. On peut toujours. Par contre je l’ai fait ! tu parles de doer. Un doer c’est quelqu’un qui fonce. On peut dire il s’est loupé… Non non. C’est juste que dans d’autres sociétés (aux us par exemple) si tu ne t’es pas planté 3 fois on ne met pas d’argent dans ta boite. Moi je me suis crashé 1000 fois. Quand je vais m’entrainer sur une sortie de 300 km l’hiver je me prends une cartouche. Sauf que je me crashe et personne ne le voit.

YB - Mais ça se transforme en expérience ! quand tu te plantes, tu pousses.

SLH – Bien sûr. Tout est une expérience. Tout est bon à prendre. Il faut y aller. Par contre si tu sens que tu n’es pas sur le bon chemin, alors il faut ou tourner à droite ou faire demi-tour. L’Himalaya, je n’aurais pas fait autrement. Pars Dakar non plus. Si je l’ai fait comme ça c’est que je ne sais pas faire autrement. Mais avant l’Himalaya, j’étais en burnout, et avant Dakar je me casse l’omoplate 3 semaines avant de partir ! Les gens me disaient tu n’y arriveras jamais… L’aventure, c’est un mélange de grosse préparation qui te rassure et d’énergie folle pour dire, maintenant je me lance !! En fait, un aventurier est avant tout un entrepreneur et un entrepreneur est avant tout un aventurier.

YB - Bien sûr. Et tu fonctionnes par capillarité. L’énergie que tu donnes, certaines personnes l’accaparent pour vivre par procuration ton projet. Parce qu’elles n’auraient pas le courage de le faire. Parce qu’elles ont des attaches différentes des tiennes.

SLH – Certains disent, 666 mais quelle provocation ! Évidemment que c’est une provocation. Mais est ce qu’on ne vit pas dans un monde qui est de toute manière est amené à disparaitre tel qu’il est ? 666 c’est l’espoir. Moi je suis un grand rêveur, un grand idéaliste. Et ce projet pourra aussi devenir 777 si je traverse un océan, non ? Évidemment que je suis obligé d’être dans ce monde pour pouvoir le changer… si je ne voyais pas de perspectives je ne ferais rien. J’aurais pu rester au Népal. J’aurais pu faire comme plein de mecs qui ne reviennent jamais… parce qu’ils ne veulent pas voir le monde tel qu’il est. Le monde, c’est ce qui existe. Dans les méditations silencieuses que j’ai faites au Népal, on t’apprend ça. Il faut accepter les choses telles qu’elles sont. Quand tu es entrepreneur, tu n’as pas envie tous les jours. Il y a des moments où tu craques. « Il faut tellement se mentir pour croire qu’on va y arriver qu’à un moment tu y arrives ! » et ensuite tout le monde te croit ! Mais en fait tu t’es tout le temps menti ! Quand je monte le projet 666 je n’ai aucune expérience polaire ! Si je te dis ce sur quoi je réfléchis tu vas halluciner : je veux un vélo allongé, un vélo cargo où il y aura plus de pression sur la neige, une éolienne sur l’arrière de ma pulka parce que je vais trainer une luge derrière moi. Des composants du vélo qui résistent à -50°. Mais à quoi ça sert ? à pas grand-chose. Mais ça je le fais. Un entrepreneur c’est la même chose. C’est un combat. En plus dès que tu veux mettre de l’éco responsabilité, c’est un casse-tête !

YB - Ça je suis d’accord, je le vis au quotidien ! Toi tu as plusieurs complications supplémentaires. Tu te bats pour monter une aventure extrêmement imposante en termes d’ambition. Tu vas ensuite la vivre, avec une dimension physique hyper engageante. Et tu doubles ton pari d’un témoignage pour donner aux gens l’envie de changer ! C’est des enjeux complètement différents. Vouloir changer les habitudes des gens c’est un défi presque plus gros que ton engagement physique !

SLH – Ce qui arrive très souvent avec moi, c’est que je mets tellement de sens dans mes aventures (et je me mets tellement de pression avec ça) que le sens dépasse le déplacement. Et les gens oublient que le Paris en Dakar en 15 jours, même pour moi, ce n’est pas facile. Ce n’est pas facile de faire 300 km par jour, de rouler par 45°, de marcher avec un vélo et un sac sur le dos à 4500 m ou 5500 m d’altitude. Ce n’est pas très humain mais en même temps je l’ai fait. Et ce sont des moments uniques. Ce n’est pas une course à être le pionnier, non. C’est juste un rêve de gosse qui se réalise ! J’étais tout là-haut, je roulais là-dessus. Je l’ai fait !! C’est ça qui est dingue. Tu vois je parlais de mon rêve de faire le tour de France. Finalement tu vois, je crois que je préfère faire ça ! Parce que c’est moi. Ce ne sont pas des milliers de mecs qui ont fait ce truc. Là c’est pur quoi ! waouh. Dans mes aventures, il y a 50 messages. Ça peut être la spiritualité, ça peut être le déplacement, la réalisation, l’apaisement, le dérèglement climatique, la réalité du terrain. Tout ! En fait l’aventure c’est une vie en accéléré. Je me pose tout le temps. Il y a des jours où j’ai des certitudes établies, une grande confiance en moi.. et elles sont cassées le lendemain ! Si tu notes, en faisant des tirets comme ça, tous les points clés que tu as vécu dans une journée, c’est super riche ! Tout est comme ça. Tout tout tout. Et c’est ça que j’aime. C’est rajouter de la vie dans la vie ! avec du bon sens.

Et il y a des gens qui arrivent qui essaient de me faire comprendre que je n’y arriverai pas et je doute quand même parce que c’est argumenté… En fait il n’y a que toi qui sait. Les autres ont un point de vue. Mais il n’y a que toi qui sait. Et personne d’autre ne croit aussi fort en toi.

YB - Ça ça fait drôlement écho aussi à ce que je vis. Cette nécessité de te forger une conviction forte sur la direction à suivre parce que c’est ton projet, ta certitude. Et la nécessité d’être toujours à l’écoute des remarques des autres parce qu’elles sont sensées.

Au fait comment appréhendes tu la notion de risque ? Je t’ai vu descendre des pentes de dingue au Népal, super étroites, super pentues, super longues…Tu franchis ici des limites que tu ne soupçonnais pas… Est-ce que ça fait partie de la flamme qui t’anime ?

SLH – Oui j’adore ça !! J’appréhende mes limites tous les jours. C’est pour connaitre cette frontière là que je me lance dans ces aventures. J’adore cette sensation ! Attention, j’ai 33 ans, ça fait donc 28 ans que je fais du vélo. 22 ans en compétition. Des descentes comme ça, quand je te dis que j’en ai mangé, c’est que j’en ai mangées. Et quand tu as 5 ou 6 ans, 8 ans, 10 ans et que tu es avec des mecs de 8 ans, 15 ans, 18 ans dans ton club de vélo parce que tu es trop fort, que tu fais 40 bornes au lieu de faire 20 bornes, que tu fais des descentes qui ne sont pas du tout faites pour un môme de ton âge, que tu te crashes, que tu recommences, que tu te crashes… et voilà ! c’est comme ça que j’ai appris. C’est la répétition qui crée l’expérience. Je ne suis pas inconscient. Je suis ambitieux. Je sais que je peux le faire. Tout m’a amené là. Dès fois je flippais, c’est vrai. Je criais parce que j’avais des sensations extraordinaires. C’est ça le kiffe. Ressentir des sensations ! Quand en as-tu ressenti pour la dernière fois, toi ?? Au Népal on est descendu pendant 7 heures !

YB - Justement, des descentes comme ça, tu n’as pas pu en faire ici ?

SLH – C’est pour ça que je me déplace ! pour vivre des trucs que je ne peux pas vivre ici. En vrai c’est exactement la même chose. C’est plus long, c’est tout. C’est comme un navigateur qui fait ses gammes dans le golfe du Morbihan. Quand il n’y a pas de vent. Mais apprendre la technique c’est ça l’essentiel. C’est revenir aux bases. Quand je coache quelqu’un c’est clé pour moi de revenir aux bases. Perrine -Fages- qui est venu rider avec moi de Lhassa à Katmandou dans l’Himalaya, qui rêvait de comprendre mon amour pour ce pays. Moi je lui disais. Concentre-toi sur ta pratique. Ça ne sert à rien de te plaindre sur les pierres. Ça ne sert à rien de te prendre la tête sur tout. Ça ne sert à rien de te bagarrer avec toi-même, avec les autres, avec les chèvres qui sont en train de te regarder innocemment. Ne te bagarre avec rien. Laisse. Concentre-toi sur ta respiration, sur ton pédalage, sur ta ventilation. Tu te couvres, tu te découvres.

YB - Comment tu vis ton aventure alors au final, si tu te concentres sur ta pratique pendant l’effort ?

SLH – Tu la vis, c’est évident… parce que c’est cette discipline qui va te servir à la mener au bout ! Lors du great Himalaya trail, j’avais un sherpa qui voulait faire le kéké des plages. Je lui répétais constamment de se concentrer sur sa pratique : il y avait des marches d’1,20 m qu’il descendait avec son vélo équipé de fourches de 110mm. Il a pété ses deux moyeux, une fois sa chaine, ses deux plaquettes de frein et au final il a dû rentrer à Katmandou 4 jours pour réparer son vélo ! Il fait ce qu’il veut. Mais moi j’étais toujours sur la route… Il ne faut pas se laisser griser ! Parce que la sanction est immédiate. A chaque fois que j’ai commencé à être grisé dans ma vie, direct il y a la claquasse ! Mike Horn le dit « je préfère vraiment les moments de souffrance intenses aux moments de bonheur, parce que je sais qu’après un moment de souffrance intense il y a un moment de bonheur. » C’est dur de penser ça ! Mais avoir su gérer l’aventure sur la durée, l’emporte parfois sur le plaisir immédiat ! Et être concentré au bon moment te sauve souvent aussi ! Finalement je pense qu’il faut vivre les choses avec un peu de recul. Moi si je vis les choses tel que je suis vraiment, avec l’intensité que j’ai à l’intérieur, avec mon hypersensibilité chronique… je meurs ! Je tombe amoureux de toutes les népalaises que je croise sur la route. J’ai envie de rester avec les vaches ou avec un donkey parce que j’ai envie de tout faire. Tu vois, si je m’écoute dans l’Himalaya, j’arrête le vélo je monte la montagne, et je fais ça 150 fois. Parce que je suis comme ça. Mais en même temps, j’avais choisi ce chemin ! Alors j’y suis retourné, à chaque fois. C’est ça la cohérence.

YB - Et la performance physique elle t’apporte quoi ? Moi par exemple je fais du sport pour conserver ma liberté. En me disant que demain, si je veux escalader une montagne, je suis toujours en capacité de le faire. Toi elle répond à la même logique ?

SLH – u sais, j’ai du mal à me regarder dans un miroir quand j’ai un gros bide, parce que je ne me sens pas bien…et pourtant, je n’ai jamais voulu courir après le corps parfait. Pour moi ce qui compte ce n’est pas d’être beau, c’est d’être fort. Parce que je sais qu’à un moment donné j’en aurai besoin pour mes aventures. Je me mets toujours en condition pour partir. C’est ça le sel de la vie. Pouvoir partir au pied levé. La vie c’est comme ça. C’est être prêt au quotidien. C’est avoir la capacité, à n’importe quel moment, de subir des difficultés mentales, physiques, qui peuvent totalement te chambouler. Et si tu as ça, tu as déjà cette structure mentale et physique pour encaisser… et c’est bon. Parce que faire du sport pour être beau, c’est cool. C’est très 2020. C’est même très 2010. Mais moi j’ai vu des mecs qui ne ressemblaient à rien qui étaient des machines de guerre. Un exemple ! Le seul qui ait traversé le désert de Simpson, c’est Louis Philippe Loncke. Louis Philippe, c’est un belge avec un gros bide. Ca ne l’a pas empêché d’être european aventurer of the year 2016 !! Ça ne veut rien dire.

YB - Et tes inspirations, c’est qui du coup ?

SLH – Wouuh. C’est un mélange entre Mike Horn, Sylvain Tesson, Mathieu Ricard, le Dalaï Lama, les philosophes des lumières et en même temps des mecs hyper bienveillants. C’est revenir à des choses simples. Des grands explorateurs, les grands aviateurs dans l’histoire. Des trucs qui me dépassent quoi.

YB - Tu en as besoin de ces ancrages-là ?

SLH – Oui et non. En fait, c’est là. Je me dis juste, comme les gens le disent dès fois pour moi, si lui il l’a fait c’est que c’est possible. Et dans la vie, il faut évidemment avoir des accroches. MAIS SE CONCENTRER SUR LES AUTRES QUAND TU NE TE CONNAIS PAS TOI MEME, CA NE SERT A RIEN ! Je me concentre aussi sur ce que j’ai déjà fait. Je prends de la confiance grâce à ma propre expérience. Des fois l’annoncer c’est plus l’angoisse qu’autre chose. Parce que quand tu es dedans, que tu es blessé, que tu as deux tendinites aux genoux au bout de 3 jours pour aller à Dakar, tu commences à te dire c’est chaud. Il y a des gens qui m’ont dit, il faut repenser le projet. Ca serait bien de se dire qu’on s’en fout en fait, qu’on va le faire en 60 jours. Ben non j’en suis resté là parce que je ne suis pas encore impotent. Peut-être qu’un jour ça viendra. Peut-être qu’un jour je dirai je fais une transat, j’emmène 20 gamins avec moi et on fait un transat et c’est eux qui tirent le bateau. Et on fait un truc de partage total. On s’en fout de la vitesse. Mais aujourd’hui j’ai encore besoin de gommer cet égo. Se prendre pour un aventurier c’est quand même un truc totalement égocentrique. C’est se dire que je suis un peu unique. C’est alors effectivement une filiation avec les gens que j’admire. Comme Tesson, comme tous. Parce que l’explorateur part tout seul ! Et qui va aller vérifier ce qui s’est réellement passé ? Moi j’essaye de tout montrer. Les gens peuvent venir, je suis ouvert à ça. Mais ceux qui ont passé du temps avec moi le savent. Je pousse quand même pas mal. Parce que j’en ai besoin. Mais c’est toujours riche, c’est fort, c’est intense. Oui je vis quand même des choses extraordinaires !!

YB - Tu sais qu’à un moment tu t’arrêteras ?

SLH – Oui oui. Je l’ai dit. Tu vois, en ce moment je prépare le projet 666. Je cherche des financements pour monter les 6 épisodes. Mais à un moment j’aurais juste envie de partir ! Juste envie de m’amuser ! Là ce n’est pas amusant. Je pourrais prendre ça comme un jeu, mais je ne m’amuse pas tous les jours. Parce que j’ai la frustration de tous les jours devoir quémander et prouver au monde entier que je suis super. Et finalement que je suis mieux que les autres.. C’est toujours dire : regardez-moi, comme je suis fort, comme je suis bien… J’ai décroché de ça il y a 4 ans, justement parce que je n’y prenais pas de plaisir. Et j’y reviens ! En fait quand tu as un gros projet tu es obligé de revenir au monde que tu as un peu rejeté. Ce monde capitaliste, pour aller chercher des financements… Ce n’est pas que je le rejette, c’est que je n’arrive pas ! Je ne sais pas parler d’argent, je sais à peine négocier. Je sais que j’ai une valeur médiatique. J’essaie de me vendre de vendre mes projets. Mais c’est lourd ! Tu vois, novembre décembre ça a été très dur, après qu’on se soit vu. J’ai toujours des creux au moment des fêtes parce que tu passes sur une autre année, il y a ce truc des familles, du temps qui passe et que tu n’as pas exploité, et je me rends compte évidemment que j’ai décidé d’être seul. Donc c’est plus dur. Mais je vois aussi cette espèce de contrainte : il faut avoir le sapin de noël, il faut la dinde, les boules… Et puis les incohérences : attention, pas de dérèglement climatique mais on a 50 colis Amazon Prime sous le sapin… C’est ce truc qui me révulse et avec lequel je dois composer…

YB - Moi je suis convaincu que c’est une question de calendrier. Entre ce que tu avais imaginé et le temps que ça va te prendre, il y a un écart. Mais tu vas y arriver ! Tu parlais de l’Alpsman dans un des tes films. Mais tu vois bien que sur une épreuve comme celle-là, tu connais des hauts et des bas. Mais tu repars. Là c’est pareil. C’est l’exemple de ta vie. Ton expérience te prouve ça. Si tu es mal en Décembre, tu vas repartir en Février.

SLH – La remise en question elle va parfois plus loin. Est-ce que je suis au bon endroit ? est-ce que je suis trop gros pour la France ? Est-ce que le projet est trop ambitieux pour un pays qui voit petit ? ce n’est pas du tout méchant. Ici il y a des grands entrepreneurs, mais ce ne sont pas forcément eux qui vont mettre de l’argent sur Steven Le Hyaric. Et pourtant le dérèglement climatique, c’est une urgence réelle. Ça bouge tous les jours. J’ai redit ça sur les réseaux sociaux récemment parce que j’ai eu une critique en rapport avec Canada Goose qui m’aide un petit peu. Ceux qui me critiquaient avaient des Porsche, du Nike, du Netflix sur leurs photos de profil. Et ils me reprochaient d’être aidé par Canada Goose qui fait encore de la vraie fourrure ? Qu’est ce qui est le plus sale ? Canada Goose qui utilise encore de la fourrure, que je ne porte évidemment pas ? C’est un monde de communication. Les petits renards, les coyotes, il ne faut pas les toucher. Les ours polaires, non plus. Mais par contre si c’est un requin ce n’est pas grave, parce que c’est méchant. On est dans un monde de com. Moi ça me désole, parce qu’on n’a pas tous le recul. Les gens ne se regardent jamais dans un miroir pour comprendre comment leurs habitudes les positionnent par rapport à l’environnement ! Moi je n’achète jamais rien, je ne mange pas de viande, je ne me déplace qu’à vélo et il y a des mecs qui me sont tombés dessus pour ça ! Ça m’a vraiment vexé.

YB - Oui mais Steven tu ne peux pas engager tout le monde derrière toi ! C’est ça la difficulté de tes projets. Tu parlais de prisme et d’expérience tout à l’heure. Il faut accepter, à partir du moment où tu es un homme public de ne pas pouvoir embarquer tout le monde derrière toi. L’important c’est que tu te sentes en cohérence avec tes valeurs.

SLH – Bien sûr. Mais c’était juste un truc d’éducation. Tu vois ce qui s’est passé quand l’Australie s’est embrasée. Les gens sont tristes parce qu’il y a eu des millions de petits animaux mignons qui ont disparu… Mais c’est quoi le truc le plus important à retenir ? Ce n’est pas la conséquence mais la cause ! c’est que l’Australie a l’indice fossile le plus dégueulasse du monde et qu’ils continuent à consolider leur industrie du charbon !! Mon objectif c’est juste de mettre des références dans la tête des gens et leur dire « prenez du recul, faites un pas de côté, regardez les choses différemment, et essayez de voir comment vous pouvez changer les choses à votre niveau ».

YB - Tu as raison. C’est de l’éducation. Mais c’est complexe ! Moi je vis cette contradiction de l’écologie dans le textile. Tu as un travail énorme de pédagogie en fait ! si tout le monde avait le même niveau de connaissance et qu’il y avait des vérités absolues ce serait plus facile.

SLH – Il y a toujours des gens qui t’aiment ou qui ne t’aiment pas. Mais là ce n’était pas ça. C’était, « je ne veux pas connaître tes arguments. Tu peux me dire ce que je veux, prouvé ou non, je m’en fous. Et je ne voudrai jamais savoir ». Le nombre de ces détracteurs est microscopique par rapport aux encouragements que je reçois. Mais il y a des gens qui ne veulent pas savoir. Parce que sinon on a tous envie de mourir, c’est un trop gros effort. Ca, ça me fait du mal. Parce qu’ils plafonnent au niveau intellectuel que j’avais à 15 ans et se coupent de toute perspective de changement. Mais, les gars, on a des trucs à faire ! Et on peut les faire ensemble. On se tape dans la main et on agit. Peut-être qu’on peut s’apprendre des trucs, se transmettre des trucs. Mais avoir des jugements de valeur aussi sclérosants… Je lutte déjà contre moi-même pour ça tu vois !

YB - Tu es un entrepreneur aventurier pédagogue !

SLH – Mais j’ai sollicité aujourd’hui à peu près tous les industriels. Si Patagonia me dit demain on te file 150000 €, dont 50000 € en fringues, ben on y va, c’est top. Mais ils ne me répondent même pas. Ils ne disent pas c’est dur, ce n’est pas le moment, on ne sait pas comment le monter…mais c’est bien ce que vous faites. Ils en reçoivent des milliers. Mais ça peut être quand même intéressant de regarder comment tu touches les gens ? c’est beaucoup d’énergie et mon énergie, quoi qu’en disent les gens, elle est quand même limitée.

YB - Mais tu portes un projet qui est super ambitieux Steven !

SLH – Je sais. On m’avait dit un jour, qu’il fallait que je baisse mon niveau émotionnel. Une psychologue m’avait dit ça. Mais elle ne s’était pas rendu compte que c’est ça qui me faisait vivre, voir survivre !

Pour suivre l’actualité de Steven et le soutenir dans ses projets, voici les sites sur lesquels il partage ses aventures !

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Retrouvez-nous à La Garçonnière !

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La chouette équipe du concept store a réouvert aujourd’hui, le 12 Mai ! Avec gel hydro-alcoolique, double sens de circulation et distances de sécurité.

Aucune appréhension donc pour découvrir les belles marques pour hommes. Nous serons dans le fond du magasin, autour de la thématique du Motorcycle club : grand air, liberté… et des marques comme Kyton, Harley Davidson, Ocean Park, Barbour, Roark, Electric, Oxbow.

Notre chemise en Tencel® Serenity, notre veste blazer imperméable Finisher et notre trench coat Boundless seront parfaitement bien entourés. Et vous pourrez les essayer !

Profitez d’une petite ballade dans le Marais et venez rendre visite à Grégoire et Matthieu au 47 rue des archives dans le 3ème (métro hotel de ville) !
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